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ITS World Congress 2015 Bordeaux



Le 22ème rendez-vous annuel du ITS World Congress vient de fermer ses portes au Parc des expositions de Bordeaux en Gironde. Avec plus de 12 000 visiteurs cette année, le salon des solutions de transport intelligents a fait le plein et même dépassé les espérances des organisateurs. Voitures connectées ou autonomes, moyens de transports en commun aussi connectés ou autonomes, drones, solutions de gestion des trafics, mise en place de routes intelligentes, nouvelles technologies au service des solutions de mobilité durables sont autant de thèmes et de produits qui ont pu être exposés entre le 5 et le 9 octobre 2015 à Bordeaux.

Le grand thème de ce salon ITS World Congress de Bordeaux était placé sous le signe d’un développement d’une mobilité intelligente. Pendant 4 jours, de nombreux experts des secteurs publics et privés, des universitaires, des chercheurs, des ingénieurs et des fabricants de produits technologiques ont ainsi pu exposer leurs solutions au sein du grand hall du Parc des expositions de Bordeaux. Plus de 100 entreprises étaient sur place provenant de différents pays.

 

Les tendances

Si la voiture autonome était au centre de nombreuses discussions et dont le thème revenait régulièrement dans les différents discours autour des solutions de transport intelligents, au salon, bien d’autres sujets étaient traités et notamment les meilleurs moyens pour faire cohabiter les différents types de transports au sein d’agglomérations plus ou moins grandes.

L’un des meilleurs exemples dans ce domaine est la plateforme Gertrude dont Bordeaux Métropole est le principal actionnaire (Gestion Electronique de Régulation en Temps Réel pour l’Urbanisme, les Déplacements et l’Environnement). Cette solution qui existe depuis 1973 est aujourd’hui l’un des tous premiers systèmes multimodal au monde. Il permet de gérer les problématiques de trafic au sein d’une communauté urbaine et ce, en temps réel. Si au départ, Gertrude ne s’occupait que du trafic engendré par les voitures, le système a su évoluer et prendre en compte d’autres modes de transport comme le train, le tramway, les cars et les bus mais également les navettes fluviales. Ses objectifs sont nombreux : réduire la congestion urbaine, optimiser les infrastructures existantes, réduire les temps de déplacement, favoriser les modes alternatifs, réduire l’impact énergétique, assister les usagers et assurer la sécurité des personnes. Pour y arriver, Eric Franceries, directeur général délégué de Gertrude Saem, a su, avec ses équipes, mettre en place une véritable culture de service grâce à des remontées en temps réel de l’état des trafics, des décisions et du pilotage centralisé s’appuyant sur l’agrégation des informations in situ. L’une des grandes forces de Gertrude est de permettre l’interopérabilité entre les différents modes de transport. En outre, le système utilise des informations provenant de l’Open Data afin d’obtenir des contenus plus larges et plus pertinents au fil de son utilisation.

Le système Gertrude est proposé en différents modules personnalisables pour qui souhaiteraient un tel système pour sa ville ou son agglomération. Actuellement, 25 villes l’utilisent à travers le monde. Plusieurs délégations asiatiques et africaines étaient d’ailleurs présentes sur le stand de Bordeaux Métropole pour se faire expliquer les avantages de cette solution.
A termes, des applications pourraient être proposées à l’installation au sein des smartphones des services de secours afin que ceux-ci, sans intervention spécifique, puissent profiter d’un temps de parcours réduit en mettant tous les feux tricolores au vert lorsqu’ils se présentent à proximité. D’autres informations pourraient également être remontées à Gertrude provenant des mobiles des usagers afin d’optimiser les régulations des carrefours dans les villes et alentours.
La prochaine évolution de Gertrude est de s’intéresser à la problématique de la pollution et de proposer, à terme, des messages d’éco-conduite aux automobilistes, par exemple.

 

Les voitures autonomes

En matière de voiture autonome, le salon a pu voir plusieurs démonstrations. L’une des plus remarquables était celle organisée par le Groupe PSA. En effet, une voiture de la marque Citroën a ainsi pu rallier Paris à Bordeaux en mode de conduite autonome. Sur son parcours de 550 Kms environ, la conductrice n’avait le droit (réglementation actuelle oblige et même malgré une autorisation spéciale) de rouler de manière autonome que sur des voies larges soit des 2x2 ou 3x3 voies. A tout moment, elle a pu cependant prendre le contrôle du véhicule, rien qu’en posant ses mains sur le volant ou en appuyant sur les pédales. En outre, pour le moment, l’entreprise teste encore les meilleurs moyens d’entrer en interaction avec « la machine » puisque dans le cadre de cette expérience, la voiture demandait une action de la part de la conductrice pour changer de voie ou de vitesse. Il s’agirait d’une option qui pourrait être rendue active ou non, selon le degré d’autonomie souhaité par le futur propriétaire du véhicule. Pour la conductrice que nous avons pu rencontrer, le trajet s’est parfaitement déroulé. Elle n’a senti aucune fatigue et aurait pu continuer encore plusieurs centaines de kilomètres dans ces conditions. La conduite étant particulièrement fluide, un certain état d’esprit zen régnait dans la voiture nous a-t-elle confié.


La société Akka Technologies présentait aussi un concept de véhicule autonome. Mais on ne verra jamais de voitures de la marque Akka circuler sur nos routes à plus ou moins longue échéance, l’entreprise ayant pour vocation d’aider les différents constructeurs d’automobiles ou d’autres acteurs de ce secteur à concevoir leurs propres véhicules autonomes.
Baptisée Link & Go, la voiture autonome présentée par Akka peut être conduite manuellement ou de manière automatique. Pour cela, elle dispose de roues et de suspensions directionnelles ainsi que de freins électromécaniques. Elle est aussi exempte de colonne de direction marquant ainsi une rupture technologiques avec ce qui se fait aujourd’hui dans le secteur de l’automobile. D’un encombrement similaire à une Renault Clio, la voiture autonome Akka, est totalement électrique intégrant 3 réseaux de batteries. Elle peut parcourir jusqu’à 200 Kms en mode citadin avec une vitesse maximale de 50 à 70 Km/h. Pour aller d’un point A à un point B en mode autonome, le véhicule doit avoir parcouru au moins une fois l’itinéraire pour effectuer sa propre reconnaissance grâce à de nombreux capteurs embarqués. La Link & Go possède ainsi 4 caméras (2 à l’avant et 2 à l’arrière, des détecteurs de ligne/obstacle, 4 capteurs laser et un lidar (placé sur le toit).

A l’intérieur, la banquette avant peut se retourner afin de permettre à tous les occupants de se voir. Le tableau de bord est totalement épuré et au centre du véhicule, un écran permet de suivre l’itinéraire ou différents points d’intérêts situé sur l’itinéraire. Nous avons pu monter à bord et faire un tour en mode manuel puis autonome. La voiture s’est parfaitement comportée sur son trajet préétabli même avec un piéton traversant juste devant, le véhicule ayant stoppé sa progression après l’avoir identifié avant de reprendre sa route.

La marque Valeo, équipementier automobile, présentait également sa voiture autonome, la Valeo Cruise4U. Avec la possibilité de conduire de manière manuelle ou automatique, ce véhicule peut prendre en charge la direction l’accélération et le freinage. Là aussi, plusieurs dispositifs de positionnement et de détection ont été installés à bord et dans la calandre, par exemple.

En outre, l’entreprise a également montré son interface Valeo Mobius qui permet de passer d’un mode de conduite automatisée à un mode manuel de manière fluide.

 

Transport en commun autonome

Mais la voiture particulière n’est pas la seule à profiter des nouvelles technologies pour évoluer de manière autonome. A l’image du véhicule Navya que nous vous avions présenté lors d’un bref passage à Paris et que nous avons retrouvé dans le Parc des expositions de Bordeaux pour des démonstrations particulièrement pertinentes et efficaces, le transport autonome semble avoir de beaux jours devant lui. En effet, Easy Mile, filiale du constructeur Ligier présentait sa navette autonome. Baptisé EZ10 et fruit d’un développement de plus de 18 mois, ce véhicule peut transporter jusqu’à 12 personnes (6 assises et 6 debout) sur de petites distances. Entièrement électrique, il aurait une autonomie de 10 à 12 heures environ, selon Luc Barthelemy, chef de produit chez Easy Mile. Pour arriver à un tel résultat, Ligier s’est associé à la société bordelaise Robosoft qui a fourni son expertise logicielle et ses systèmes de détection d’obstacles.

 

La mise en service des premiers véhicules commercialisés Easy Mile EZ10 devrait débuter en janvier 2016. La société mise sur 30 ventes environ pour l’année prochaine surtout à des universités, des clients privés ou d’autres publics ayant des voies privées. L’idée serait de proposer un système de « bus à la demande » avec des bornes placées à des endroits stratégiques qui permettraient de commander son bus EZ10 pour se déplacer.

 

Réduire les coûts de fabrication et l’impact sur le climat

L’une des problématiques du ITS World Congress était également le climat. Ainsi, plusieurs entreprises proposaient leurs solutions à l’image de Gazelle Tech ou Exeos, par exemple.
Gazelle Tech présentait notamment la voiture évolutive Ampool. Issu d’un mode collaboratif entre plusieurs universités de génie électrique, mécanique et d’une vingtaine d’entreprises de la région de Bordeaux, ce produit est un véhicule à monter soi-même en seulement 4 heures. Disponible en open source, il représente, selon Gaël Lavaud, Président de Gazelle Tech, ce qui pourrait être l’avenir des transports personnels intelligents et économique. Le véhicule est conçu autour d’une dizaine de pièces pour le châssis là où il en faut normalement plus de 200. L’assemblage peut être réalisé là où est vendue la voiture. Le concepteur promet un gain de poids de 50% environ ce qui lui permet de consommer jusqu’à 2 fois moins qu’un véhicule électrique de même encombrement. A l’intérieur, un tableau de bord permet d’afficher des informations sur la conduite, la météo et la pollution aux alentours. La voiture pourrait parcourir plus de 120 Km à une vitesse de 100 Km/h maximum. L’idée pour Ampool serait d’arriver sur le marché d’ici à 2017.

La société bordelaise Exoes s’intéresse également aux problématiques de la pollution et par extension au climat. En effet, cette entreprise dirigée par Arnaud Desrentes, développe une solution qui permettrait de réduire de 6 à 10% la consommation des véhicules personnels et de 5% pour les camions. Cela représenterait une économie de 6 tonnes de CO2 par an. En phase de test et d’essais pour le moment et fruit de 6 années en recherche et développement, la solution proposée par Exoes récupère de l’énergie thermique pour la fournir au moteur. Elle devrait être proposée aux constructeurs de voitures particulières d’ici l’année prochaine.

 

Des routes intelligentes

La réalisation de routes dites intelligentes fait aussi partie des enjeux des transports. Ainsi, Bordeaux Métropole avec le concours d’Eurovia France a pu mettre en place une expérimentation visant à faire cohabiter plusieurs modes de transports que sont les voitures, les vélos et le mode pédestre. Concrètement, cela se présente sous la forme de détecteurs installés au sein d’un carrefour sur la RD112 à la sortie du Camping Franceloc dans le lieu-dit Jaumard, à quelques kilomètres de Bordeaux. Le dispositif est principalement utilisé la nuit. La route a été dotée de lumières LED qui s’allument automatiquement lorsqu’un cycliste ou un piéton se présente à proximité du carrefour. Ainsi, les automobilistes sont avertis et peuvent adapter leur vitesse en conséquence. En outre, le passage pour les cyclistes et les piétons est aussi éclairé afin de leur faciliter le passage. Cette solution a nécessite quelques travaux pour un coût de 80 000 € environ. Elle est en phase d’expérimentation depuis le mois de juin et pourrait être proposée à d’autres villes dans les prochains mois étant jugée comme particulièrement efficace par les autorités de Bordeaux Métropole tant en termes de sécurité que de fluidité du trafic car elle évite la mise en place d’un feu tricolore ou d’une limitation de vitesse spécifique.  

 

Les drones au service de la population

Outre la voiture autonome, on parle aussi de drone sur le salon ITS World Congress de Bordeaux. Par exemple, le projet Drones For Life envisage de transporter des échantillons biologiques entre les 3 principaux hôpitaux de la région de Bordeaux d’ici la fin de l’année prochaine. Alors qu’il faut presque une heure pour rallier deux hôpitaux en voiture, le drone ne pourrait mettre que 10 minutes d’où un gain de temps remarquable pour les docteurs et autres personnels soignants mais aussi pour les patients. L’idée est d’apporter au plus tôt des analyses de sangs afin d’optimiser les soins et de donner un diagnostic plus rapide. Le vol du drone serait réalisé de manière totalement automatique. Le personnel médical n’aurait qu’à placer les échantillons dans le réceptacle prévu à cet effet et à presser un bouton pour que la course débute. Le projet Drone For Life sera testé pendant un an environ. Il devrait être commercialisé en 2017. Il pourrait réaliser entre 5 et 10 vols par jour, à terme. D’ici là, les entreprises à l’origine du concept, Sysveo, Abbott, BeTomorrow et Aetos veilleront tout particulièrement à ce que les parcours soient sécurisés autant pour les échantillons que pour les autres usagers en l’air où une interopérabilité aérienne doit être mise en place ainsi qu’au sol.

Une autre utilisation d’un drone est le suivi du trafic routier. Ainsi, Fly n Sense développe par UAV Systems permet la remontée d’informations sur le trafic, l’inspection d’infrastructures, l’analyse des situations. La sécurisation est aussi de mise. Les drones permettent des détections de proximité et peuvent être utilisée de jour comme de nuit.

 

Prendre les transports plus facilement

Enfin, les nouvelles technologies aident les usagers. En effet, par exemple, le NFC permet de valider un titre de transport très facilement, simplement en passant son smartphone devant une borne prévue à cet effet. La société bordelaise NFC-Interactive a ainsi installé un tel système dans le tram de la ville de Bordeaux pour l’occasion du salon.

L’année prochaine, le salon ITS World Congress aura lieu à Melbourne en Australie. Il sera très certainement le théâtre de nombreuses nouveautés et innovations dans le domaine des transports intelligents qui feront évoluer à coup sûr le secteur, notre vie, notre sécurité et notre confort.


 

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