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La Turquie bloque Twitter suite à des révélations sur le premier ministre Erdogan


Après que le premier ministre turc Recep Erdogan a décidé de fermer Twitter dans son pays, la communauté internationale s’était manifestée devant une telle censure. Une indignation que le gouvernement turc a justifié hier, samedi 22 mars concernant ce blocage du réseau social, par la nécessité d'une « mesure préventive ».


En effet, selon le gouvernement turc, le réseau avait été inondé d'« enregistrements acquis illégalement » et mettant en cause le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, dans un scandale de corruption.

« Le gouvernement turc est contre la libre circulation de ces enregistrements acquis illégalement sur Twitter et autres sites et réseaux sociaux qui visent à entraver la sécurité de l'Etat et salir la réputation des citoyens. Il n'est pas contre Internet », assure le communiqué. L'autorité des télécommunications turque a interdit jeudi soir l'accès au site de microblogging.

M. Erdogan a également menacé de s'en prendre à YouTube et Facebook après la tenue le 30 mars d'élections municipales qui prendront des allures de référendum pour ou contre M. Erdogan, au pouvoir depuis 2003.

Les services du gouvernement ont annoncé avoir pris cette décision après que le réseau social américain a refusé de se conformer à des « centaines de décisions de justice » prises depuis janvier dernier sur le retrait des enregistrements considérés comme illégaux.

Cette décision, qui a suscité une avalanche de critiques aux plans national et international, a été très largement perçue comme une tentative du gouvernement de faire taire les accusations de corruption mettant en cause le premier ministre et son proche entourage.

En effet, les accusations les plus compromettantes proviennent de deux comptes Twitter, baptisés Haramzadeler (« Fils de voleurs ») et Bascalan (« Le premier des voleurs », un pseudonyme utilisé pour ridiculiser le premier ministre), ayant accès à une quantité considérable de documents secrets et d'écoutes de police liés à l'enquête.

Les enregistrements dévoilent une conversation présumée d'Erdogan avec son fils, où il est question d'évacuer de larges sommes d'argent, ainsi que de pressions exercées par le premier ministre sur la justice ou la presse et d'ingérences dans des ventes immobilières. Erdogan a attribué ces accusations de corruption, qu'il a catégoriquement rejetées, les taxant de « vils » faux, à ses rivaux politiques.

Ce blocage est néanmoins facile à contourner techniquement, comme l'attestent les chiffres compilés vendredi par le site Mashable : en une journée, ce ne sont pas moins de 1,2 million de tweets qui ont été postés sur la plateforme.

 

Via Le Monde

 
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